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Lundi 30 juin 2008

Le temps d'une semaine, je suis revenue à Oulan-Bator pour revoir les quelques amis français que j'ai là-bas, profiter d'une petite rando, accueillir Bernard, le second volontaire, et effectuer les derniers achats de souvenirs et artisanat pour l'association.

            Le trajet Choi-UB n'a pas été des plus faciles, mais je l'ai un peu cherché en choisissant de voyager en microbus (van russe) plutôt qu'en bus "officiel", donc départ après 6 heures d'attente et arrivée au milieu de la nuit après une quinzaine d'heures de trajet.











 

           Le lendemain, je repars sac au dos avec 7 autres français pour une randonnée sous la pluie. L'idée était de partir de  Zumod, située à 40 km au sud d'UB et de rejoindre la capitale à pieds en traversant la montagne qui sépare les 2 villes. Je vous laisse découvrir nos aventures épiques sur le blog de Guillaume qui en a fait un super récit : http://www.guiguigogol.blogspot.com/



























Le reste de la semaine a consisté à acheter tous les souvenirs qu'il manquait en trouvant le meilleur prix si possible – il ne faut pas dépasser le budget -, puis Bernard est arrivé par le train de Pékin et nous sommes partis le surlendemain pour Choybalsan. Là encore, voyage éreintant, qui n'en finissait pas à cause de la lenteur du bus – officiel cette fois-ci – et de l'état des routes défoncées ou inondées par les pluies abondantes de ces derniers jours.
Par marie-laetitia - Publié dans : mission 2008
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Mercredi 25 juin 2008

           Oui, je peux dire que ça commence à pousser ! Petit à petit on avance,  à force de discussions, de mises en accord et d, les jardins prennent forme.

            Dans le jardin du 1er district qui appartient à un jeune investisseur, Gerelt Od, qui nous a créé quelques soucis et qui continuera je pense – vite fait que l'on trouve pour les jardiniers –, environ 8 familles cultivent la terre. Le nombre des familles variant tout le temps je ne peux dire "qu'environ". Faute d'eau dans le vieux puits actuel – datant de l'époque soviétique – ils ne cultivent qu'un tiers de la surface du terrain. Nous avons obtenu du gouverneur la construction d'un puits qui va réellement commencer dès que la machine de l'entreprise sera réparée. Le leader actuel est Enkhbaatar, celui qui a le plus d'expérience dans le jardinage, Lamja, la responsable jusqu'à maintenant étant partie en "countryside".


       




    



               Dans le jardin du 2nd district, j'ai connu une période un peu difficile avec eux à cause de malentendus dont a pu être responsable l'interprète. Mais depuis que les choses ont été mises au clair tout va beaucoup mieux. La "leader" est Tungaa, mais parce qu'elle milite au parti démocrate et à cause des élections qui ont lieux le 29 juin (dimanche prochain), elle est très occupée et donc n'a pas beaucoup été présente. C'est donc surtout avec Suhbaatar que j'ai travaillé. Il est l'un des - pour ne pas dire le – meilleurs jardinier. Il peut donc conseiller les autres sur les techniques de culture. Pour cette parcelle, nous avons obtenu du gouverneur qu'il nous finance deux pompes, mais sans les tuyaux qui seront de ce fait à notre charge. Nous comptons utiliser ces 2 pompes pour puiser l'eau directement de la rivière qui coule à côté. Environ 20 familles sont censées travailler dans les jardins, mais jusqu'à présent je n'ai vu quasiment personne car ils sont "très occupés" par la campagne électorale qui leur procure quelques petits jobs – mais je doute que cela les occupe 24h/24h.

           










             Il reste encore Anna Home où nous avons planté quelques légumes, mais où faute d'arrosage il ne reste pas grand-chose…

Par marie-laetitia - Publié dans : mission 2008
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Lundi 16 juin 2008

      Quel effet ça fait d'être en pleine steppe, avec rien à l'horizon, le néant devant soit ? Je dirais que c'est comme être en pleine mer; chevaux, vaches, troupeaux de moutons et chèvres remplaceraient dauphins, baleines, et bans de poissons. Les mouettes resteraient les mouettes. En pleine steppe, les voitures sont comme des barques isolées, les bus comme des bateaux à voile – sans voile – qui tanguent fortement et manquent de chavirer. Le mal de mer peut aussi se faire sentir, car peu ou pas de relief sur lequel s'accrocher pour ne pas perdre pied.
     Tu marches devant toi mais c'est comme si tu n'avançais pas, tu te retourne, tu vois le même paysage, encore un mouvement de 90°, toujours la même chose, où suis-je ? J'en ai presque le vertige ! Oui, ça en est, pour ainsi dire, déstabilisant et grisant à la fois de se sentir au milieu de nulle part.
     Quand, enfin tu aperçois au loin une Ger, comme une île perdue au milieu de l'océan, tu sais que tu y trouveras un accueil simple et chaleureux. Du tsai chaud accompagné de pain et de beurre rance t'attend déjà. Le soir, à la chaleur du foyer et à la lumière d'une bougie l'hôte t'invitera à jouer aux osselets.
     Alors, le soleil se couche, la steppe s'endort, embrassée et bercée par le vent.
Par marie-laetitia - Publié dans : mission 2008
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Mercredi 11 juin 2008

Cela fait déjà plusieurs semaines que ça été fait, mais ça mérite quand-même un petit article.

Après une longue discussion, abordant tous les sujets à la fois, on se mit d'accord sur la parcelle du 2nd district. Nous – Naadam - acceptons de financer le labour et hersage de la parcelle nouvellement acquise, soit 133000 Tügriks tout de même, mais pour l'ancienne (acquise l'année dernière), nous considérons que c'est presque du luxe de repasser car cela a été fait l'année précédente. Nous estimons donc que ce n'est pas la peine pour cette dernière et de plus qu'il s'agit là d'un frais de fonctionnement et non d'investissement. Ceci sera donc à la charge des familles si elles souhaitent ou non retourner leur parcelle. Si  nous commençons à financer la moindre dépense liée au fonctionnement cela signifie que le projet ne tourne pas et jusqu'où irons-nous comme ça ?

Bref, le labour a été fait par un habitant du 2nd district qui avait le matériel adéquat.

 











voilà la bête et son materiel

   













 

Le travail s'est donc fait sans trop de difficultés contrairement à ce que prédisposait mon titre, mise à part la négociation peu aisée,  néanmoins nous avons eu chaud 2 fois : - la première quand le tracteur est tombé dans ce qu'il restait d'un des puits, ce qui a achevé l'état de reste…le chauffeur ne devait pas avoir les yeux en face des trous à ce moment là (je n'ai pas pu faire de photo, mais c'était drôle et inquiétant à la fois)

-         la deuxième quand, pour éviter de payer le péage du pont, il a voulu traverser la rivière se croyant plus fort qu'elle, mais c'était raté car il s'est enfoncé et est resté coincé…On a pu dons admirer pendant plusieurs jours un beau tracteur rouge et blanc au milieu de la rivière…


Voilà pour un des travaux fait au niveau du deuxième district. La suite viendra plus tard, je peux déjà dire qu'ils ont commencé à semer – il était temps !- et que la fabrication des outils avance : les pelles c'est réglé, ils ont la moitié des arrosoirs, les râteaux sont en cours…

Par marie-laetitia - Publié dans : mission 2008
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Jeudi 5 juin 2008
Le "centre ville" avec internet à droite, la poste à gauche au 2nd étage

            On éprouve une sensation étrange lorsque l'on marche dans les rues de Choybalsan. Et puis d'abord, quelles rues ? Mais où suis-je donc, sur quelle planète suis-je atterrie, ou bien dans quel monde? Je me suis sentie quelque peu  désorientée par cette ville sans structure réelle quand j'ai fait mes premiers pas. Pourvue d'immenses espaces vides, on a du mal à distinguer un centre-ville, quand bien-même il y en aurait un, les rues ne sont en fait qu'un espace bétonné – plaques de béton récupérées sur les ruines soviétiques - entre les groupes d'immeubles. La terre, les bâtiments et les arbres – tous de même essence – ne forment qu'un seul élément monochrome de couleur beigeasse. Les bouches d'égout aux ouvertures béantes sont comme les trous d'un gruyère où l'hiver se réfugieraient les souris, des enfants fuyant leur condition de vie. La nuit tombée, il convient donc de faire attention où l'on met les pieds. Les jours de tempête, il est très difficile de faire la différence entre les murs des immeubles de l'air soviétique, le sol où l'on marche et les troncs d'arbres, tout ceci accentué par le sable bien poussiéreux de la même couleur qui vous enveloppe et vous rend aveugles, comme en pleine nuit. La dernière tempête fut terrible…

            La ville est calme, très calme, on pourrait presque dire qu'il y fait bon vivre, ce qui n'est pas faut à vrai dire. A côté d'Oulan-Bator, ville polluée et bruyante, ce n'est pas très difficile. Ici, il y a très peu de voitures – les gens n'en pas vraiment les moyens – donc peu de pollution, mais cela n'empêche pas les stations essences de pousser comme des champignons. Les rues sont la plupart du temps désertes, Choybalsan semble être une ville d'avantage peuplée par les chiens vagabonds cherchant quelque chose à manger.

            Le fantôme de celui dont elle porte le nom semble encore roder la ville, le héros révolutionnaire Choybalsan s'est il réincarné en l'un des ces chiens affamés ? Moine bouddhiste avant de devenir président sanguinaire de la Mongolie en 1928, on a coutume de le surnommer le Staline mongol pour les nombreuses purges qu'il ordonna au cours des années 30, notamment contre les moines et intellectuels. Choybalsan fut donc un peu la Stalingrad mongole, fortement industrialisée pendant les années fastes du soviétisme et qui aurait la Kherlen pour Volga.

            Aujourd'hui, ces industries désaffectées sont démontées petits à petits et les matériaux récupérés pour construire routes et bâtiments ou être revendus à l'étranger. Plus de travail dans la ville. Au loin, on peut aussi apercevoir les restes de quartiers russes situés à plusieurs kilomètres du centre. On se rend compte à quel point les Russes étaient prêts à peupler les zones les plus hostiles. Toutes ces ruines rajoutent une couche au caractère fantomatique de la ville, la guerre serait-elle passée par là ? Drôle de ville quand-même que Choybalsan qui survit grâce à sa propre destruction, un suicide se profile à l'horizon…

je vous laisse découvrir la ville en images via la vidéo :

Par marie-laetitia - Publié dans : mission 2008
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Images Aléatoires

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